273,4 millions d'euros. C'est la dette nette de Moleskine à fin juin 2025, pour une marque dont les ventes semestrielles plafonnent à 51 millions d'euros. Le petit carnet noir, devenu symbole universel de créativité depuis son rachat par les héritiers d'Ernest Hemingway et Bruce Chatwin, cache un bilan nettement moins romantique.
Sous perfusion financière de son actionnaire belge D'Ieteren depuis 2016, Moleskine voit sa marge opérationnelle fondre de 4,2% à 1,8% en un an, tandis que les distributeurs réduisent drastiquement leurs commandes par prudence de trésorerie. Un paradoxe : les carnets se vendent bien en magasin, mais l'entreprise reste dans le rouge.
Ce dossier éclaire une réalité que peu de consommateurs soupçonnent : même les marques les plus désirables peuvent porter un fardeau financier disproportionné par rapport à leur attractivité commerciale.